Dossier sur le financement universitaire

Un financement de taille pour les universités américaines

Vanessa Gauvin-Brodeur

Aux États-Unis, le financement de l’éducation nationale représente une bonne partie du budget gouvernemental. Les universités y sont florissantes et la majeure partie des jeunes fréquente un de ses « colleges ». Mais la répartition du gâteau pour chacune de ces institutions est laborieuse.



Beaucoup plus coûteuse qu’au Québec et qu’au Canada, l’année dans une université d’État américaine coûte environ 6500 dollars américains. Mais cela peut aller jusqu’à 40 000 dollars américains à Harvard (Massachusetts), une université privée. Il est rare que les étudiants puissent se permettre de financer la totalité de leurs études. Beaucoup d’entre eux ont alors recours à l’aide financière.

À l’Université de Brown (Rhodes Island), 42 % des étudiants de premier cycle ont recours aux bourses, indique Elizabeth C. Huidekoper, viceprésidente au bureau des finances et de l’administration. De l’autre côté du pays, à l’Université Berkeley (Californie), « beaucoup d’étudiants en profitent », estime Teresa A. Costantinidis, assistante au Chancelier adjoint du bureau du budget et des ressources, qui n’a toutefois pas pu fournir de chiffres exacts.

Les bourses sont allouées en fonction du revenu des parents de l’étudiant, de son mérite et de son excellence. Elles peuvent couvrir l’ensemble de la facture scolaire annuelle et même plus, « afin que l’étudiant puisse aussi se permettre de payer d’autres biens accompagnant la vie universitaire », précise Mme Costantinidis.

Selon un rapport de l’UNESCO datant d’ octobre 2007, les États-Unis sont les plus gros dépensiers en matière d’éducation, allouant 28 % du budget national aux études post-secondaires. Ce budget s’explique par le grand nombre d’étudiants universitaires. En 2005, 83 % des jeunes adultes étaient inscrits dans une institution d’études supérieures, indiquent des statistiques de l’UNESCO.

Le gouvernement fédéral alloue des fonds pour la recherche et le développement sous forme de contrats avec les universités. Pour 2008, le budget américain prévoit un montant de 91 milliards de dollars américains en subventions pour un total de 10,4 millions d’étudiants au niveau universitaire. Chaque État possède également son budget pour ses universités. Pour la seule université de Berkeley, la Californie aura versé 60 millions de dollars américains pour l’année scolaire 2005-2006.

Un moyen très courant de financement des Universités aux Etats-Unis est le principe de l’« endowment » ou dotation. Il s’agit d’un transfert d’argent sous forme de don, offert à une institution. Cet argent placé en bourse, afin qu’il spécule, est recommandé à un secteur particulier, comme à une recherche universitaire spécifique, ou à un département de l’Université.

À Harvard, la plus riche université au monde, les recettes s’élèvent à 34,9 milliards de dollars américains pour l’année 2007. L’école de commerce de Harvard a généré à elle seule 579 millions de dollars américains en dotation 320 millions en subventions gouvernementales.

À l’Université Brown, Mme Huidekoper précise que la dotation annuelle fournit 15 à 16% du revenu total et permet de financer jusqu’à 30 % des bourses étudiantes : « La plupart des donateurs sont des “alumni”, donc d’anciens étudiants de l’Université qui nous précisent dans quel secteur leur argent devrait être dépensé. Nous en investissons un certain montant et le reste est gardé pour un investissement futur. Nous avons le droit légal de dépenser cet argent et ce, en cinq ans ».

Les donateurs peuvent aussi être des professeurs, des entreprises ou des citoyens indépendants de l’université qui voudraient voir avancer les activités de l’institution. « C’est une grosse part du gâteau, bien que nous ne soyons pas de taille, comparée aux universités privées. »

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