Homophobie sportive

Livre L’épreuve de la masculinité

Réaction des Carabins

Thomas Gerbet

Quartier Libre a fait lire des passages du livre à plusieurs membres de l’équipe de football des Carabins. S’ils confirment l’existence d’une certaine homophobie dans le football, ils contestent les rituels sexuels décrits dans la recherche de Simon Louis Lajeunesse.



« Wow ! C’est extrême », s’étonne l’entraîneur en chef adjoint de l’équipe, Denis Touchette, en lisant le récit de certaines initiations décrites dans L’épreuve de la masculinité. « Cette affaire de toast, je n’en ai jamais entendu parler en 25 ans de carrière. Je me demande si les gars n’ont pas niaisé le chercheur. » Si de telles choses s’étaient produites dans son organisation, le demi défensif Olivier Fréchette-Lemire soutient qu’il aurait quitté l’équipe.

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L’équipe de football des Carabins soutient qu’elle n’a pas participé à l’étude de Simon Louis Lajeunesse et plusieurs contestent les rituels décrits par le chercheur.
Photo : Photoaction.ca

M. Touchette et plusieurs membres du personnel encadrant présents dans les locaux de l’équipe de football attestent que ce n’est pas au sein des Carabins que Simon Louis Lajeunesse a effectué sa recherche. Lors de l’entrevue accordée à Quartier Libre, ce dernier avait refusé de révéler si les Carabins étaient concernés par les pratiques décrites dans son livre. Il explique tout simplement que ses recherches se basent sur des observations et des entrevues au sein d’équipes universitaires de football et de hockey basées à Montréal et Québec. Il y a quatre équipes universitaires de football dans ces deux villes (les Carabins de l’Université de Montréal, le Rouge et Or de l’Université Laval, les Redmen de McGill et les Stingers de Concordia) et deux équipes de hockey (Stingers et Redmen).

« De toute façon, explique l’entraîneur en chef adjoint, on n’a plus le droit de faire des initiations à l’UdeM depuis l’affaire de McGill. » En 2005, l’équipe de football de l’université anglophone avait annulé tous ses matchs à la suite d’une initiation controversée où une jeune recrue avait été agressée sexuellement avec un bâton.

L’HOMOPHOBIE ADMISE

Si les Carabins contestent les rituels sexuels d’initiation décrits dans le livre, ils conviennent que l’homophobie est très présente. « Un homosexuel ne pourrait pas tenir dans l’équipe, il faudrait qu’il garde ça secret », pense Monsieur Touchette, avant d’ajouter que son sport est historiquement viril : « On a des racines militaires. » Quant au demi défensif de l’équipe, il est catégorique : « Moi, je suis homophobe en partant, donc si un gars était gai, ce ne serait sûrement plus mon ami. » Selon l’entraîneur en chef adjoint, les joueurs sont plus ouverts en 2008 qu’auparavant. Il reste vraisemblablement du chemin à faire.

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