Wi-Fi et frais technologiques

Entente violée

Olivier Laniel

À compter de l’automne prochain, il sera possible de se connecter à l’Internet sans fil partout sur le campus. Plutôt que de ravir les associations étudiantes, cette nouvelle a provoqué la colère de la FAÉCUM et l’AGEEFEP qui reprochent au rectorat d’avoir dépensé unilatéralement l’argent d’un fonds dont la gestion devait être tripartite.



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Illustration : Clément de Gaulejac

Déjà accessible à plusieurs endroits dans l’Université, le Wi-Fi sera élargi à l’ensemble du campus dès l’automne prochain, grâce à l’installation de nouvelles bornes d’accès… et grâce aux 3,1 millions de dollars du fonds des frais technologiques.

Comme le stipule l’entente signée en janvier 2007, l’UdeM ne peut pas dépenser l’argent du fonds sans avoir préalablement consulté les membres du comité dédié, sur lequel siègent l’AGEEFEP et la FAÉCUM. Pourtant, c’est le 18 mars dernier, une fois que la décision eut été prise, que le rectorat l’a annoncée aux associations étudiantes. Cela faisait un an qu’elles faisaient pression sur l’Université pour qu’une première réunion du comité ait lieu.

« L’Université a détourné le fonds », affirme sans détours Vincent Ranger, le coordonnateur aux affaires universitaires de la FAÉCUM et membre du comité. Selon lui, le rectorat a carrément « violé l’entente ». Il souhaite que l’UdeM remette l’argent au comité de gestion. Pour l’instant, la Fédération étudie les différentes avenues qui s’offrent à elle dans ce dossier.

C’est un son de cloche totalement différent qui résonne du côté de la tour de l’UdeM. Le vice-recteur adjoint à la vie étudiante, Alexandre Chabot, jure que « l’Université a respecté en tous points l’entente ». Ce dernier rappelle que celle-ci prévoit deux éléments : l’amélioration et le maintien des services existants, incluant le système de sécurité informatique et le développement des services informatiques. L’ancien secrétaire général de la FAÉCUM soutient en outre que l’Université a couvert 60 % des coûts du projet. L’argent des étudiants ne représenterait qu’une petite portion de l’investissement total. M. Chabot ajoute que la FAÉCUM n’a jamais manifesté son opposition au projet de Wi-Fi.

Ce que confirme la FAÉCUM par la voix d’Alexandre Ducharme, son attaché de presse. M. Ducharme précise toutefois que la Fédération n’a pas non plus donné son accord. De toute façon, poursuit-il, aucun nouveau projet n’aurait pu être proposé, étant donné qu’aucune rencontre n’avait eu lieu avant celle du 18 mars.

De son côté, Denis Sylvain, le coordonnateur adjoint de l’AGEEFEP, dit que s’il avait su que tout l’argent irait au projet Wi-Fi, « jamais un sou n’aurait été versé dans ce fonds ». M. Sylvain pense qu’on peut se questionner sur la bonne foi de l’Université dans ce dossier.

3 $ PAR CRÉDIT :

Coût de la cotisation automatique non obligatoire (CANO : remboursement sur demande de l’étudiant) dédiée aux frais technologiques. Cette somme passera à 4 $ à la rentrée de septembre 2008.

26 % des étudiants de l’UdeM se sont retirés du fonds technologique en 2007-2008.

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