Crise politique en Belgique

À la croisée des chemins

Vanessa Gauvin-Brodeur

Un an après le début de la crise politique qui sévit en Belgique, les Wallons et les Flamands ne sont toujours pas prêts à s’entendre.



« La Belgique, ça ne veut pas dire grand-chose pour moi », affirmait un résidant de Hoeilaart, un quartier flamand en banlieue bruxelloise lors de la fête nationale. Le 21 juin dernier, tous n’étaient pas d’humeur festive. Depuis le 10 juin 2007, la menace d’une séparation entre Flandre et Wallonie pèse au plat pays. La Belgique, qui se divise en trois communautés linguistiques et culturelles (flamande, francophone et germanophone), est le terrain des disputes ancestrales entre Wallons (francophones) et Flamands (néerlandophones).

UN CONFLIT VIEUX DE 178 ANS

Les origines du conflit remontent à la création de l’État belge en 1830. L’élite est alors francophone et urbaine, tandis que les Flamands sont ruraux. « Parler le néerlandais, c’est s’abaisser au rang du petit peuple », explique Pascal Delwit, politologue et professeur de sciences politiques à l’Université libre de Bruxelles. L’appartenance communautaire est une des distinctions principales opposant Wallons et Flamands, mais « la dimension linguistique fait la différence », explique le politologue.

L’AFFIRMATION LINGUISTIQUE DES FLAMANDS

Aujourd’hui, les 4,5 millions de francophones sont minoritaires en Belgique. Les Flamands se construisent, petit à petit, un espace linguistique néerlandophone. Avec la délimitation des communes francophones ou néerlandophones, la langue prend plus de place dans la législation. Dans la commune de Liedekerke, située dans le Brabant flamand à quelques kilomètres au nord-ouest de Bruxelles, les enfants ne parlant pas le néerlandais dans les plaines de jeux de la commune peuvent être exclus pour des « raisons de sécurité ».

Aussi, des actes de vandalisme ont été répertoriés. Dans les quartiers néerlandais en bordure de Bruxelles-capitale, une région bilingue, il n’est plus possible de lire la traduction française des noms de rues sur les panneaux après le passage de vandales. « Depuis quelques années, les Flamands ne souhaitent plus donner les mêmes droits aux deux autres entités linguistiques. Le droit du sol prime sur le droit de la personne », résume Emmanuel de Bock, vice-président du conseil d’expression française de la jeunesse pour la communauté française Wallonie-Bruxelles (CJEF-CRIJ).

RÉUNIR LES PARTIS

Le clivage se creuse. Maintenant que la Flandre est une région économiquement florissante, elle n’a plus besoin de la Wallonie et de ses 20 % de chômage pour survivre. « Une épée de Damoclès pèse au-dessus du pays, rapporte M. Delwit, la construction de discussions dans le cadre belge est de plus en plus compliquée ». Le roi Albert II tente une réconciliation en chargeant les chefs au pouvoir de trouver un accord entre les deux partis politiques qui se confrontent, en politique comme au quotidien. Bruxelles veut la paix. À son voisinage de trouver le terrain d’entente.

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