Opinion : Du mouvement, étudiants !

Résolutions estivales

Alexandre Cayla

Dans les dernières semaines, je me suis fait accuser d’être très critique envers la FAÉCUM et le mouvement étudiant en général. Le point central de ma critique était le manque de participation des étudiants. Soit, peut-être que le mouvement étudiant n’est pas encore en train de s’effondrer, mais il ne faut pas croire que le manque de participation est sans conséquence : sans l’appui des étudiants, le pouvoir politique de leurs représentants est nul.

D’ailleurs, même s’il est toujours difficile de déterminer qui est fautif et de tenir nos représentants à une obligation de résultats, il est tout à fait légitime de demander que tout soit fait pour encourager cette participation. À mon sens, c’est ici que le bât blesse, car s’il y a bien deux choses qui incitent les gens à se mobiliser ce sont bien la présence d’enjeux clairs et l’impression que leur avis est important. Or, ces deux éléments font défaut à l’heure actuelle.

Puisqu’elle est une fédération, la FAÉCUM a très peu de rapports directs avec les étudiants. Elle ne sollicite leur contribution que lorsqu’elle est réellement nécessaire – à l’instar des partis politiques qui n’appellent leurs membres que lorsqu’ils ont besoin de financement – comme lors du dernier référendum. Il n’est donc pas très étonnant que la participation ait été aussi faible.

De plus, comme il n’existe pas de véritable opposition ou qu’elle est très peu visible, il n’y a presque aucune remise en question du discours dominant. Le message – « on sait ce qu’on fait, on s’occupe de tout » – n’est pas de nature à soulever des passions mobilisatrices.

Toutefois, la solution n’est pas une remise en question fondamentale : il faudrait permettre aux étudiants d’élire directement le bureau exécutif. D’abord, les règlements nécessaires pour être candidats devraient être assez connus pour que différents groupes de pensée puissent s’organiser pour solliciter l’appui populaire. Aussi, pour maintenir l’aspect fédératif et éviter que le BE ne devienne trop puissant, ce dernier serait élu par un collège électoral. Ainsi, la campagne aurait lieu sur l’ensemble du campus, mais le vote aurait lieu au sein des départements ; tous les votes du département iraient à l’équipe qui a récolté l’appui de la majorité de ses membres.

Ce système comporte plusieurs avantages : forcer les équipes à élaborer des plateformes et à confronter leurs idées, inciter les associations départementales ou facultaires à parler des dossiers prioritaires à leurs membres pour que cela se reflète dans le vote et assurer une visibilité de loin supérieure à celle que peuvent assurer les associations départementales. Pensez-y ! On en reparlera à la rentrée prochaine !

* * *

Dans ma dernière chronique, j’ai utilisé des guillemets avec le terme « gaugauches ». Il ne s’agissait pas de mettre ce mot dans la bouche de l’ancien externe de la FAÉCUM, mais de souligner qu’il s’agissait d’une expression familière ; dans son contexte, il pouvait susciter la confusion.

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