Entrevue avec le nouveau président de la FEUQ , David Paradis

Le « Paradis » de la FEUQ

Constance Tabary

Après avoir oeuvré au sein de la FAÉCUM en tant que coordonnateur à la recherche universitaire, David Paradis se hissera, le 1er mai prochain, à la tête de la Fédération étudiante universitairs du Québec (FEUQ). Quartier Libre s’est entretenu avec celui qui présidera la première organisation étudiante québécoise, représentant plus de 120 000 étudiants.


Quartier Libre : À l’aube de votre mandat de président de la FEUQ, quelles sont vos priorités ?

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Photo : Julien Houde
David Paradis, lors du congrès de la FAÉCUM, fin mars 2008.

David Paradis : Tout d’abord, on veut faire une réflexion sur le mode de financement des universités. Suite au dégel, on a senti le désir des étudiants de défendre une alternative viable à la hausse des frais de scolarité. On veut donc pousser de l’avant des modèles structurels qui rassemblent les gens et mobilisent les étudiants ensemble, pour une même cause. On a aussi l’intention de réformer l’aide financière aux études sur des points qui n’ont tout simplement pas d’allure, comme le niveau du plafond de la contribution parentale ou l’inclusion des allocations parentales pour les jeunes mères aux études.

Q. L. : Que comptez-vous faire sur le plan fédéral, alors qu’on annonce le nonrenouvellement des Bourses du millénaire ?

D. P. : Dans ce domaine, j’ai deux objectifs auxquels je tiens particulièrement. On sait qu’il y a beaucoup d’argent qui se brasse au fédéral et on doit s’assurer que le gouvernement n’impose pas de trop grandes restrictions au programme de subventions étudiantes. On ne peut donc pas, en plus, se permettre de perdre une fondation comme les Bourses du millénaire. On doit s’assurer que l’argent qu’on obtient du gouvernement aille vraiment dans les programmes d’aide financière et de subventions. Aussi, je crois qu’on doit s’assurer d’une meilleure représentation de nos membres auprès du gouvernement pour obtenir ces subventions pour la recherche universitaire. Mon expérience à la FAÉCUM m’a permis de bien connaître ce dossier et j’ai l’intention de continuer sur cette lancée en tant que président de la FEUQ.

Q. L. : Quelques associations d’étudiants des cycles supérieurs de l’UdeM ont récemment fait part de leur mécontentement en ce qui a trait à leur représentation dans les instances étudiantes. Est-ce que la FEUQ compte se mobiliser pour eux ?

D. P. : Principalement, ce débat relève de la FAÉCUM et je dirais que c’est le genre de questionnement qui est récurrent. Aussi, régler ce problème sera la tâche de Francis Hogue [nouveau secrétaire général de la FAÉCUM] et de ses délégués. Je suis conscient que la FEUQ devra aussi se pencher sur la situation précaire des étudiants en cycles supérieurs au Québec et essayer de réaliser des gains.

Q. L. : Quel est votre avis sur les nouvelles mesures référendaires qui ont été adoptées par la FEUQ [voir article ci-contre] ?

D. P. : Ces mesures ont principalement été adoptées parce qu’il y avait un flou épouvantable à la FEUQ sur les procédures à suivre lors de la tenue d’une consultation démocratique. Cette absence d’un cadre de base, d’une plateforme référendaire claire et précise, a donné lieu, comme dans le cas du référendum de désaffiliation du Regroupement des étudiantes et étudiants de maîtrise, de diplôme et de doctorat de l’Université de Sherbrooke (REMDUS), à des écarts violant, par exemple, la confidentialité du vote. Dans ce cas, il y a eu une requête devant la Cour supérieure du Québec et le juge, devant les faits, a été obligé d’annuler le vote. La FEUQ a donc décidé de se doter d’une procédure claire. Bien entendu, ces mesures peuvent avoir l’air strictes, mais elles ont été adoptées par une majorité de nos membres. Il faut aussi comprendre que si des associations veulent proposer de nouvelles règles, la politique référendaire n’est pas coulée dans le béton, elle peut être modifiée. D’ailleurs, si une association a déjà des règles référendaires, celles de la FEUQ ne s’appliquent pas.

Q. L. : Pour terminer, on parle régulièrement de copinage entre la FEUQ et la FAÉCUM dernièrement. Avec trois anciens « faécumiens » à l’exécutif de la FEUQ, à quoi peut-on s’attendre  ?

D. P. : C’est un peu circonstanciel tout ça. On a aussi quelqu’un de Trois-Rivières et de Chicoutimi ! Historiquement, quand le président de la FEUQ venait de la FAÉCUM, comme François Vincent par exemple, souvent, ses relations n’étaient pas toujours très bonnes avec la FAÉCUM. Donc, au lieu d’avoir du copinage, on observait plutôt l’effet inverse !

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