Quartier Libre analyse l’actualité des différents campus canadiens. Cette semaine, les problèmes d’argent des universités du ROC occupent la une.
Le plan d’expansion de l’Université Ryerson, à Toronto, pourrait bien frapper un mur. C’est ce que laisse présager la situation actuelle, alors que les surplus budgétaires fondent comme neige au soleil et que les Torontois expatriés, mécontents, commencent à exprimer leur désaccord. Bien que les membres du conseil d’administration de l’Université aient exprimé leur enthousiasme face au projet de déménagement de l’institution au centre-ville, lors de la présentation du plan d’expansion le 31 mars dernier, la question monétaire reste sans réponse. Selon l’Eyeopener, le journal étudiant de l’Université, l’argent est déjà un problème à Ryerson : « À la même réunion, le comité des finances a annoncé que le surplus budgétaire de l’Université devait fondre de 21 millions $ par rapport à l’année précédente. » Pendant ce temps, la communauté touchée par le futur développement du campus est divisée sur la question. Le problème, c’est que Ryerson doit absolument agrandir ses installations afin d’accommoder l’afflux de nouveaux étudiants. L’an dernier, ils étaient 500 de plus à s’ajouter aux quelque 24 000 inscrits de l’Université. L’Eyeopener souligne cependant qu’il est impératif d’éviter de s’emporter dans une frénésie expansionniste et d’en arriver au même point que… l’UQAM avec les déboires de l’îlot Voyageur.
CALGARY FAIT UN PAS DANS LA BONNE DIRECTION
L’avenir des étudiants parents est subitement devenu moins sombre, avec la création d’une nouvelle bourse qui leur est exclusivement destinée. Le hic ? Il faut étudier à l’Université de Calgary pour en profiter. Le Gauntlet rapporte une nouvelle qui devrait plaire à bon nombre d’étudiants au doctorat qui combinent les études avec la vie de famille. La rectrice des communications et de la culture de l’Université de Calgary, Kathleen Scherf, annonçait, il y a peu de temps, la création de la bourse Jeanette Nicholls pour diplômés, destinée aux étudiants monoparentaux qui sont en voie d’obtention d’un doctorat. La bourse, d’un montant annuel de 5 000 $, sera accessible à tous les parents, sans restrictions par rapport au sexe de l’étudiant. Tous ceux qui débutent un programme de doctorat, ainsi que tous ceux qui sont en cours de programme, seront admissibles. Pour Mme Scherf, qui dut elle-même conjuguer les études et l’éducation de son fils, la bourse « devrait avoir un impact plus grand qu’un simple apport financier. Il s’agit plutôt d’un signal puissant servant à féliciter les jeunes parents pour l’effort qu’ils fournissent. Ce sont des modèles fantastiques pour leurs enfants, ainsi que pour la société en général. » Au Québec, un peu plus de 15 % des bénéficiaires de l’aide aux études en 2007 avaient un ou plusieurs enfants à leur charge.
LE SALAIRE D’UNE ANCIENNE PRÉSIDENTE FAIT GRINCER DES DENTS
Malgré sa démission récente de son poste de présidente à l’Université York à Toronto, Lorna Marsden fait encore parler d’elle. Dans un article paru dans Excalibur, le journal de l’Université, l’on affirme que Mme Marsden s’est vu offrir une hausse de salaire de plus de 100 000 $ en 2007, même si elle a occupé cette fonction durant seulement sept mois. Mme Marsden aurait ainsi gagné près de 484 000 $ au total. Pour Jen Hassum, de la Fédération canadienne des étudiants (CFS), « les professeurs et les présidents aux salaires élevés ne font qu’augmenter la séparation entre les étudiants et le personnel ». Toujours selon elle, « cette situation est directement liée à la position des dirigeants sur l’augmentation des frais de scolarité et les empêche de comprendre la situation des étudiants qui doivent travailler fort pour payer leurs études ».